La leçon de vie de Kovalev
Une chronique de Dany Dubé
Bonjour à tous,
J'ai envie de commencer en vous racontant une anecdote au sujet d'Alex Kovalev.
Vous savez comme moi qu'il dispute vendredi soir son 1000e match dans la LNH. Pourtant, il semble plus motivé que jamais, plus combatif, plus engagé.
Mon collègue à CKAC Martin McGwire a demandé à Kovalev d'où provenait cet enthousiasme renouvelé. À notre grande surprise, il a répondu qu'il avait regardé de vieilles cassettes de lui.
Il a ainsi pu admirer son enthousiasme des premiers jours... et il s'est mis en tête de le retrouver.
Eh bien, cette nouvelle attitude se reflète dans son jeu et, à mon avis, elle est contagieuse. Par effet domino, elle se répercute sur le quotidien de l'équipe. Elle n'est d'ailleurs sans doute pas étrangère aux récents mini-succès du Canadien.
Évidemment, évitons de partir en peur, mais l'enthousiasme de Kovalev est peut-être annonciateur de jours meilleurs.
La leçon de vie
Pour le hockeyeur (comme pour tous les sportifs d'ailleurs), après 1000 matchs, tu peux oublier pourquoi tu joues. Tu oublies que c'est pour le plaisir de la compétition, pour gagner les batailles. Ton statut, ton train de vie luxueux te font négliger les détails.
Photo: La Presse Canadienne /Ian Barrett Alex Kovalev |
C'est le propre de chaque individu: après plusieurs années à faire la même chose, la routine s'installe. On est sur le pilote automatique. Notre zone de sécurité, celle qu'on s'est forgée avec les années, devient notre pire ennemi.
Le fait que Kovalev ait réussi cet exercice très personnel après 1000 matchs est important à souligner. Si des matchs 1000 à 1100, il joue comme à ses 100 premiers matchs, le Canadien va gagner.
En regardant des vidéos, Kovalev s'est rendu compte qu'il laissait filer un élément essentiel de sa vie.
Or, cette réalité guette tout le monde. Un jour, tu peux te retrouver dans tes pantoufles, blasé. Pour éviter ça, on devrait tous faire comme Kovalev de temps à autre: se rappeler pourquoi on est marié, pourquoi on a des enfants, pourquoi on a choisi un tel métier...
La pertinence de nos gestes vient de la motivation profonde à bien faire les choses. Kovalev l'illustre à merveille.
En passant, qui a dit qu'il n'y avait aucune leçon de vie dans le monde du sport?